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QR-60, 28 août 2018, Déclaration du Porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hami Aksoy, en réponse à une question concernant les propos du Président de la république française Macron sur notre pays et notre processus d’adhésion à l'UE

Nous regrettons profondément certaines déclarations faites hier (27 août) par le Président de la république française Emmanuel Macron à propos de notre pays et le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, lors de la Conférence des Ambassadeurs et des Ambassadrices qui se tient actuellement à Paris.

Notre pays a traversé une période très difficile en raison de la tentative de coup d’Etat avorté du 15 juillet 2016. Néanmoins, l’état d’urgence a été levé le mois dernier. La situation en Turquie s’est maintenant normalisée et à la suite de la transition au système de gouvernance présidentielle, nous sommes passés à une étape de progrès, en particulier au sujet des réformes de l’Union européenne. Les déclarations de Macron concernant notre pays, ont une fois de plus montré qu’il est loin de comprendre les réalités de la Turquie, malgré nos explications à maintes reprises dans plusieurs plateformes.

La Turquie est une partie indissociable de l’Europe du point de vue politique, géographique et historique et elle a toujours fait plus que ce qui lui incombe pour la sécurité du continent européen. Affirmer que notre pays est «antieuropéen » ne reflète certainement pas la réalité.

En tant qu’allié de l’Otan et pays candidat à l’adhésion à l’UE, la Turquie est déjà un partenaire stratégique et privilégié de l’UE et elle dispose de mécanismes de partenariat et de coopération avec l’UE dans plusieurs domaines, allant de la migration à la lutte antiterroriste. Néanmoins, il est tout à fait clair que ces mécanismes ne peuvent pas constituer une alternative à notre processus d’adhésion à l’UE, qui est la base contractuelle des relations entre la Turquie et l’UE.

Avec le système de gouvernance présidentielle, une Turquie plus puissante, démocratique et laïque est déterminée à aller de l'avant dans la voie de l'adhésion à l'UE. En défiant le populisme et la discrimination, qui sont devenus la maladie de notre monde, notre objectif est une UE plus puissante avec la Turquie en tant que membre, basée sur des valeurs partagées.

Une Turquie plus puissante, démocratique et laïque avec le système de gouvernance présidentielle, est déterminée à avancer sur la voie de l’adhésion à part entière à l’UE. Face à l’obstination du populisme et de la ségrégation devenus la maladie de notre monde, notre objectif est une UE plus forte avec la Turquie et fondée sur les valeurs communes.

Dans ce cadre, nous avons observé que dans son discours Macron a utilisé à plusieurs reprises les termes d’ « islamique » et de « terrorisme islamiste ». Nous souhaitons déclarer une fois de plus que le terrorisme n’a pas de religion, ni de nationalité ou de race, et que nous trouvons tout à fait erroné d’associer ce fléau avec aucune religion.

Macron a rappelé dans son discours que la guerre froide avait pris fin. Nous souhaitons lui rappeler à notre tour, que dans cette ère nouvelle pendant laquelle le monde se trouve confronté à des défis bien plus complexes, imprévisibles et dangereux, il est plus important que jamais que la Turquie devienne membre de l’UE.