#

Turquie : La nuit des héros ordinaires

La démocratie a été protégée par des citoyens ordinaires qui se sont réunis afin de s’opposer au coup d’Etat.

Le vendredi 15 juillet, aux alentours de 22 h, les membres d'une cellule dormante appartenant à une secte marginale terroriste ont tenté d'organiser un coup d'Etat en Turquie, en essayant de renverser le gouvernement démocratiquement élu.

Ce coup d’Etat a été organisé par une clique au sein des forces armées turques liée à l'organisation terroriste Fethullah Gulen.

Les officiers voyous ont ouvert le feu sur des postes de police avec des avions de chasse, tuant des dizaines de policiers chargés de protéger le peuple.

Les F16 détournés par des membres de cette secte terroriste ont largué des bombes sur le parlement turc alors que la législature était encore en session.

Le Chef d’état-major Hulusi Akar et plusieurs autres généraux de haut rang ont été kidnappés par leurs propres gardes de sécurité personnels.

Les attaques sur toutes les façades des institutions démocratiques ont eu lieu de manière quasiment simultanée.

Moment miraculeux

A ce moment précis, il s’est passée quelque chose de miraculeux et sans précédent.

Se rendant compte que leur démocratie était en danger, les citoyens turcs ont riposté.

Alors que des nouvelles du coup d'Etat se sont propagées par le biais des médias sociaux, les gens ont interrompu ce qu'ils étaient en train de faire et sont descendus dans les rues.

Au moment où le Président Recep Tayyip Erdoğan était de retour à l'aéroport Atatürk d'Istanbul, des centaines de milliers de citoyens ordinaires s’étaient déversés dans les rues, faisant face à des soldats armés d’artillerie lourde, aux chars et aux fusils d'assaut.

Ayant reçu l’ordre de mettre fin à toute résistance, les participants au coup d’Etat ont tiré depuis des hélicoptères sur des foules de civils.

Lorsque des vagues de civils ont été abattues dans les rues, plusieurs autres ont été exaspérées par des vidéos montrant le mépris flagrant de la vie de leurs concitoyens par les putschistes.

Les médias sociaux ont accéléré la propagation des nouvelles, et en quelques heures, des millions de Turcs ont remplis les centres urbains exigeant que les soldats retournent dans leurs casernes.

Cinq heures après la tentative de coup d’Etat, les chars qui avaient été envoyés dans les rues pour intimider les gens ont été entourés par des masses de Turcs furieux de la tentative d'interférer avec l'ordre démocratique.

Les soldats qui avaient tiré sur des civils innocents ont déposé leurs armes et se sont rendus. Le coup d’Etat avait échoué.

La démocratie a été protégée par des citoyens ordinaires qui s’étaient rassemblés pour s’opposer au coup d'Etat.

Tous les partis politiques au sein du parlement turc étaient unis dans leur condamnation du coup d'Etat manqué en émettant une déclaration commune.

La démocratie turque avait une fois de plus fait ses preuves.

Le rôle clé des médias turcs concernant l’opposition à la tentative de coup d'Etat est frappant.

Tragiquement, 246 citoyens turcs ont perdu la vie au cours de cette campagne de terreur violente – parmi eux se trouvaient 179 civils innocents qui se sont bravement tenus devant les chars et ont récupéré leurs droits démocratiques.

Plus de 2.000 citoyens turcs ont été blessés. Ceux qui sont impliqués dans la tentative de coup d'Etat seront poursuivis et jugés conformément à la loi.

Les conspirateurs du coup d'Etat

Les déclarations des personnes en état d’arrestation et les informations provenant de multiples agences prouvent que cette tentative de coup d'Etat terroriste a été organisée par l'organisation terroriste Fethullah Gulen.

Depuis plus de 30 ans Fethullah Gulen a encouragé ses partisans à s’infiltrer dans l'armée et au système judiciaire en Turquie.

Des images de caméra cachée de 1997 révèlent Gulen disant à ses partisans « d’éviter d'être découverts » et les encourageant « de s’infiltrer » à tous les niveaux de l'état jusqu’à ses « capillaires ».

Masquant cet ordre du jour sinistre et odieux, Gulen a formé un vaste réseau d'écoles, d’ONG et d’entreprises, et s’est secrètement infiltré dans des bureaux publics pour renverser le gouvernement démocratiquement élu en Turquie.

Gulen, qui avait déjà été demandé par les fonctionnaires turcs à subir un procès sur diverses accusations de complot, réside dans le sud de la Pennsylvanie aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ne l’ont pas encore extradé vers la Turquie à subir son procès, et continuent de renouveler son permis de séjour.

Les Turcs sont consternés par l'insistance des Etats-Unis de l’héberger. Nous, ainsi que le gouvernement turc exigeons son retour afin qu’il affronte la justice.

Son extradition vers la Turquie est l'attente la plus forte du peuple turc des Etats-Unis. La position des Etats-Unis sur cette question vitale est ce qui peut façonner les futures relations entre les deux alliés clés.

L'organisation terroriste Fethullah Gulen continue d'obtenir du financement pour ses activités subversives en administrant des écoles sous contrat aux Etats-Unis.

Les activités de Gulen ont compromis la stabilité et l'ordre constitutionnel en Turquie, alliée de l'OTAN.

Tout soutien rendu à Gulen et à son organisation terroriste n’est pas conforme à l'esprit de coopération entre la Turquie et les Etats-Unis.

Nous attendons des autorités américaines qu’elles montrent une solidarité avec son alliée de l'OTAN, la Turquie, qu’elles prennent des mesures immédiates pour restreindre les activités de Gulen, ainsi que de son réseau, et dernièrement, qu’elles l'extradent vers la Turquie.