No:87, 05 juin 2009, Communiqué de Presse concernant les campagnes de l'élection du Parlement européen.

La Turquie a suivi avec consternation les propos et les déclarations négatifs sur l’adhésion de la Turquie à l’UE, prononcés dans certains pays de l’UE à l’occasion des élections européennes. Il est regrettable que dans certains pays de l’Europe, la question de la Turquie passe devant les multiples problèmes critiques auxquels ces pays sont confrontés. 
 
Il n’est naturellement pas question que la Turquie intervienne dans la campagne et dans les discussions concernant les élections européennes. Néanmoins, il ne nous est pas possible de rester indifférent aux propos et aux déclarations visant à dévier le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE de ses véritables fondements. Par conséquent, il nous paraît utile de présenter les points suivants à l’attention des opinions publiques européennes:
 
- Jusqu’à présent le gouvernement turc a déployé beaucoup d’efforts pour que les différentes voix qui se sont élevées parmi certains hommes politiques, en particulier lors des périodes électorales, ne compromettent pas nos relations d’amitié qui reposent sur des liens historiques, politiques, économiques, sociaux et culturels forts. Etant convaincus que notre pays sera beaucoup mieux compris par les opinions publiques européennes à moyen et à long termes, nous sommes résolus à poursuivre ces efforts. 
 
- Certaines partis et personnalités politiques ont proposé comme alternatives à l’adhésion de la Turquie des formules dépourvues de contenu comme celle d’un « espace économique et de sécurité commun » ou d’un « partenariat privilégié ». Parallèlement, ces derniers jours, «l’Union pour la Méditerranée» a également été à nouveau évoquée dans ce contexte, alors que les pays de l’UE ont confirmé au plus haut niveau lors du Sommet de Paris, le 13 juillet 2008, que celle-ci ne représentait pas une alternative à l’adhésion à l’UE. 
 
- La Turquie rejette ces discours qui ne peuvent pas être considérés comme étant de bonne foi. 

- Il n’est pas question que la Turquie accepte de poursuivre des négociations afin d’atteindre des statuts particuliers. Cette position a été exprimée à nos interlocuteurs de l’UE, depuis toujours et à tous les niveaux. Par conséquent, utiliser à nouveau ces propos en campagne électorale risque d’induire les électeurs européens en erreur et en particulier de créer une atmosphère attisant la xénophobie. Compromettre le processus d’adhésion par des obstacles artificiels ne servira ni les intérêts de l’UE ni ceux de la Turquie. 
 
- La Turquie et l’UE décideront de la question de l’adhésion une fois que le processus de négociation sera arrivé à son terme. Dans cette perspective et dans le contexte actuel, nous invitons tous les partis à agir avec bon sens et à s’abstenir de faire des déclarations qui nuiront aux relations entre les peuples. Notre attente est que les pays membres restent fidèles à leurs engagements et préservent le processus d’adhésion des diverses considérations liées à leurs politiques intérieures.