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No: 68, 6 mars 2020, Communiqué de presse concernant la déclaration du Conseil des Affaires étrangères de l'UE du 6 mars

La déclaration adoptée par les ministres des Affaires étrangères de l'UE lors de la réunion extraordinaire du Conseil des Affaires étrangères qui s'est tenue aujourd'hui (6 mars), confirme que l'UE n'a pas encore été en mesure de comprendre le fardeau extraordinaire découlant des défis en matière de migration et de sécurité auxquels la Turquie se trouve confrontée, ainsi que les efforts que nous avons menés.

Accuser un pays, qui accueille le plus grand nombre de réfugiés au monde de la meilleure façon possible, d'utiliser la question des migrations à des fins politiques est une indication récente de l'approche hypocrite à laquelle nous sommes confrontés depuis des années. L'UE a elle-même politisé la question des migrations par cette déclaration.

Il est regrettable et également significatif que l'UE agisse en contradiction avec ses propres principes et valeurs en soutenant la Grèce, qui viole le droit international et les droits de l'homme, et en considérant en tant qu’acceptables toutes sortes de mauvais traitements contre les personnes innocentes atteignant leurs frontières.

Le Conseil des Affaires étrangères de l'UE s'abstient même de qualifier de « réfugiés » les personnes arrivant aux frontières de l'UE comme d'autres pays sûrs et demandant une protection internationale, mais utilise plutôt avec insistance le terme de « migrants » pour ces personnes. Il n'est pas possible d'ignorer la Convention de Genève de 1951 et l'acquis communautaire en jouant avec les mots.

Les membres de l'UE, dont la Grèce, sont tenus de respecter les obligations internationales et d'accepter les demandes d'asile des migrants/réfugiés. Pourtant, la Grèce, soutenue par l'UE, a déclaré la suspension des demandes d'asile en ignorant le droit international ainsi que le droit communautaire applicable. L'UE, dans sa dernière déclaration, a mis de côté les valeurs européennes et a fermé les yeux sur la violation du droit international et de l'acquis communautaire.

Les traitements illégaux de la Grèce à l'égard des réfugiés ont également été annoncés par plusieurs organisations internationales et non gouvernementales, dont les Nations Unies et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Nous appelons l'UE et les institutions européennes à respecter les valeurs européennes communes et à se conformer au traité fondateur de l'UE et à l'acquis communautaire.

Au lieu de lancer des appels à l’égard de la Turquie, c'est avant tout l'UE qui devrait mettre en œuvre la déclaration du 18 mars dans son intégralité.